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Nouvelles acquisitions de la bibliothèque mars 2019

Livres entrés en mars 2019

Marcel Launay : Pie XI ; le pape de l’Action catholique

On lui doit la consécration de Jeanne d’Arc comme sainte patronne de la France, la canonisation de Bernadette Soubirous, de Thérèse de Lisieux ou encore du curé d’Ars, la condamnation de Charles Maurras, la réprobation du communisme, du fascisme et du nazisme. Cet homme, c’était Pie XI (1857-1939) ;et il régna près de vingt ans avec autorité et courage en combattant toutes les formes du mal. C’est en s’appuyant sur les archives vaticanes mises à la disposition du public en 2003 que Marcel Launay reconstitue la vie et l’œuvre de ce pape. Dans un contexte de colère et de haine, il n’a cessé de rappeler les fondamentaux de l’humanisme chrétien. Jalon essentiel de cette mission : un retour au Christ et à son message premier : la vie avant tout, face au fascisme qui exalte, par définition, la mort. Ce livre, c’est enfin un constat sans appel : Pie XI a été l’artisan du retour du Saint-Siège sur la scène internationale. Après quarante années de maladresse, d’hésitation et d’atermoiement, le Vatican retrouve sonrôle de guide et protecteur de l’Europe éternelle. Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Nantes, Marcel Launay est spécialiste d’histoire du catholicisme. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage majeur sur Benoît XV, un pape pour la paix.

Éditions du Cerf - 237 pages

Guillaume Cuchet : Comment notre monde a cessé d’être chrétien

Le recul du catholicisme en France depuis les années 1960 est un des faits les plus marquants et pourtant les moins expliqués de notre histoire contemporaine. S’il reste la première religion des Français, le changement est spectaculaire : au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés et 25% allaient à la messe tous les dimanches ; de nos jours, la pratique dominicale tourne autour de 2% et les baptisés avant l’âge de 7 ans ne sont plus que 30%. Comment a-t-on pu en arriver là ? Au seuil des années 1960 encore, le chanoine Boulard, qui était dans l’Église le grand spécialiste de ces questions, avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée. Or, au moment même où prévalaient ces conclusions rassurantes et où s’achevait cette vaste entreprise de modernisation de la religion que fut le concile Vatican II (1962-1965), il a commencé à voir remonter des diocèses, avec une insistance croissante, la rumeur inquiétante du plongeon des courbes. Guillaume Cuchet a repris l’ensemble du dossier : il propose l’une des premières analyses de sociologie historique approfondie de cette grande rupture religieuse, identifie le rôle déclencheur de Vatican II dans ces évolutions et les situe dans le temps long de la déchristianisation et dans le contexte des évolutions démographiques, sociales et culturelles des décennies d’après-guerre. Guillaume Cuchet est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Penser le christianisme au XIXe siècle. Alphonse Gratry (1805-1872)

La couleur des idées - Seuil - 275 pages

Michel Remaud : Évangile et traditions rabbinique

Les « Écritures » citées par le Nouveau Testament étaient des Écritures déjà lues et interprétées : la tradition rabbinique ancienne, dans le Targum et le Midrash, représente un maillon indispensable dans la dynamique herméneutique qui va de l’Ancien au Nouveau Testament. En dix-sept étapes, l’auteur nous en fait ici une démonstration par les textes. Des motifs évangéliques, des arguments pauliniens, des affirmations de la lettre aux Hébreux reçoivent une intelligibilité nouvelle lorsqu’ils sont lus sur fond des traditions premières du judaïsme. La nouveauté du Christ apparaît ainsi dans une lumière nouvelle — réfractée dans la vigilance interprétative — du peuple juif. Cet ouvrage paru initialement en 2003, devenu un classique et épuisé depuis plusieurs années, a été pour cette édition revu et augmenté. Il est précédé d’une importante préface inédite d’Anne-Marie Pelletier.

Lessius - 269 pages

Mireille Hadas-Lebel : Hérode

Entre légende noire et souvenirs remarquables, Mireille Hadas-Lebel restitue la profondeur et la complexité d’un roi bâtisseur haï par son peuple. Le nom d’Hérode, qui régna sur la Judée dans les décennies précédant la naissance de Jésus, est de ceux qui font trembler. Mais que sait de lui le grand public, sinon qu’il commanda un « massacre des Innocents » qui justement n’eut pas lieu. En revanche, il ordonna bien d’autres crimes lors d’un long règne où il connut César et Cléopâtre, Marc-Antoine et Auguste, ses deux protecteurs qui firent monter cet Iduméen sur le trône de Judée. Populaire à l’étranger, il s’attira la haine de son peuple et, pour avoir fait périr ses propres fils destinés à régner, il compromit l’avenir de son pays. On lui donna cependant le nom qu’il voulait laisser à la postérité, « Hérode le Grand », car il fut un bâtisseur exceptionnel auquel on doit les constructions les plus audacieuses de son temps, tels le Temple de Jérusalem et la forteresse de Massada dont on peut voir aujourd’hui les impressionnants vestiges. Faut-il privilégier Hérode le Grand ou Hérode le Cruel ? Le lecteur tranchera.

Fayard : 358 pages

Pascale Fautrier : Hildegarde de Bingen ; Un secret de naissance

Une légende contemporaine veut que Hildegarde de Bingen, la célèbre bénédictine qui composa des chants liturgiques, inventa une langue, s’intéressa à la médecine et fut, dit-on, la première naturaliste d’Allemagne, soit née dans un modeste village de Rhénanie-Palatinat. Reprenant la thèse du professeur Franz Staab, abandonnée à la mort de ce dernier, et affirmant que Hildegarde de Bingen serait née en réalité dans la forteresse Böckelheim, domaine royal occupant une place centrale dans l’histoire germanique, Pascale Fautrier, dont les travaux universitaires portent sur les résonances entre vie intime, politique et religion, opère un véritable renversement qui conduit à une lecture entièrement nouvelle de la sainte et de son œuvre. Tournant résolument le dos à l’hagiographie, elle replace la théologienne dans son contexte historique et intellectuel – celui du temps long de l’histoire allemande et européenne. Ce texte remarquable, fruit de plusieurs années de recherches, fait d’Hildegarde de Bingen, élevée par Benoît XVI à la dignité de Docteure de l’Eglise, non plus le chantre d’une néo-spiritualité acculturée, favorisant toutes les confusions, mais l’étendard d’un nouveau syncrétisme savant.

Albin Michel 2018 -347pages